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Pas de rigueur pour les agents de la Région !

L’examen du rapport d’activités des services du Conseil régional pour 2011 a eu lieu lors de la séance plénière du 4 juillet 2012. J’ai eu l’occasion d’interroger le président de Région sur la rigueur appliquée aux services de notre collectivité.

Conseil régional Nord Pas de Calais

Monsieur le Président, – Mesdames et Messieurs, – Cher(e)s collègues, – Monsieur Le Directeur Général des Services,

La lecture du rapport d’activités des Services est toujours surprenante et impressionnante, tant il est rare d’avoir une vision d’ensemble de toutes les politiques publiques menées par le Conseil régional.
Pourquoi ne pas le dire ? Nous éprouvons une réelle fierté à l’énoncé de toutes ces actions.
Je n’ai pas l’intention de revenir sur le détail des politiques mises en œuvre par les services, puisque nous les élaborons tous les jours en commissions thématiques puis en commission permanente.

Je souhaite mentionner toutefois notre soutien réaffirmé à la démarche transversale de transformation sociale et écologique de la Région, qui nous apparaît comme une manière de renouer avec l’ambition légitime de nos concitoyens à vivre dans un environnement sain, en harmonie avec une activité économique au service de l’humain.

Cette démarche va de pair avec la volonté lucide d’évaluer les politiques publiques régionales, afin d’une part de mieux utiliser nos ressources et mesurer autant que possible notre efficacité, et d’autre part pour ajuster notre action à celle des autres collectivités publiques dont l’Etat.

J’aimerais consacrer quelques instants à celles et ceux qui finalement font « tourner » la machine, à savoir les agents du Conseil régional : Monsieur le Directeur général des Services, de récentes réorganisations ont eu lieu au sein de l’institution. Vous avez évoqué une instance de dialogue pour accompagner cette réorganisation. Il serait intéressant de connaître le bilan que vous dressez de l’action de ce groupe de travail.

En effet, ce groupe de travail a plus que jamais son utilité afin de vérifier que les objectifs visés par la réorganisation des services sont atteints et surtout dans quelles conditions ils le sont. Comment les agents vivent-ils les changements de postes, d’activité, de méthode de travail ? Quelle concertation avec les personnels a-t-elle été mise en place ? Dans quelles Directions y a-t-il eu, et y a-t-il encore des difficultés ? Nous demandons que le dialogue autour de ces grands changements se renforce, avec les personnels et leurs organisations syndicales représentatives, et nous attendons des engagements en ce sens. Il nous semble que l’organisation de 4 ou 5 Comités techniques paritaires sur 3 mois pour statuer sur la réorganisation de 40 Directions n’est pas gage d’efficacité pour être à l’écoute des difficultés rencontrées… Prenons le temps d’être à l’écoute.

Par ailleurs, nous avons été alertés au sujet d’un rapport concernant « l’adaptation de l’organisation des services régionaux, Pilotage des effectifs », dont nous aimerions savoir quels débouchés il aura. En particulier, vous n’êtes pas sans savoir les inquiétudes créées par le processus d’audition mis en place pour entendre chaque DGA dans une sorte de plaidoyer pro domo devant un jury dénommé « G4 ».

Y a-t-il mise en concurrence des DGA, et donc de leurs services ? Nous craignons une forme de RGPP à l’échelon régional.

Cette crainte est avivée par les propos tenus ce jour par Mme Marilyse Lebranchu, ministre de la Fonction publique et de la Décentralisation, sur une radio se disant luxembourgeoise. Elle annonce un « grand moment de rigueur » pour les fonctionnaires, et déclare : « Je pense que les syndicats acceptent cette idée de rigueur car elle est logique pour eux, a estimé la ministre. En revanche ce qu’ils demandent c’est qu’on puisse avoir une vraie négociation sur quels postes, où, national, régional, départemental, (… ) ». Quelle est votre position sur le sujet ?

Sur un tout autre sujet, nous suggérons qu’un point précis pourrait être réalisé et présenté aux élus sur l’organisation des services de santé régionaux qui accompagnent le personnel. Bien que le poste ait été ouvert au recrutement, il n’y a plus de psychologue du travail depuis 6 mois. Nous saluons en revanche l’arrivée récente d’un deuxième médecin du travail, même s’il nous semble que c’est encore bien peu au regard du nombre d’agents régionaux et de la multiplicité des lieux d’intervention. Pour ces raisons, nous suggérons qu’au Rapport d’activité des services soit désormais annexé le rapport annuel de la médecine préventive du travail.

Nous souhaitons également qu’un groupe de travail sur les conditions d’intervention des agents dans les établissements scolaires soit mis en place. Il n’est pas acceptable que les agents ne soient pas équipés correctement, que certains ne bénéficient pas encore de douches, de vestiaires ou même de toilettes. Des décisions d’attribution d’équipements de protection individuelle (EPI) et de mise en conformité des lieux de travail des agents doivent être prises.

Dernier sujet d’interrogation de notre part : le service des Assemblées a subi certaines mutations impactant ses modes d’intervention auprès des groupes politiques et des élus en responsabilité de commissions. Initialement, ce service avait pour vocation d’apporter une aide concrète aux élus tout en étant l’interlocuteur unique et privilégié dans une interface efficace « Administration-Elus ».

Mes collègues présidents de groupe, ainsi que les autres élus, constatent aujourd’hui un éloignement, une difficulté à obtenir des réponses à nos requêtes dans des délais raisonnables afin d’assumer au mieux nos fonctions, et ce malgré la bonne volonté de nos interlocuteurs.

L’impression domine que le niveau décisionnel est dilué dans des méandres politico-administratifs dont nous n’avons pas la carte. A ce stade, nous souhaiterions une clarification des missions dévolues au service des Assemblées pour qu’il puisse retrouver sa vocation initiale.

Enfin, nous souhaiterions que notre assemblée prenne position contre une vraie injustice, et décide de suspendre l’application de la journée de carence appliquée aux personnels malades, en attendant l’abrogation de cette loi scélérate par la nouvelle majorité. Cette même décision a été prise par le président du conseil Général du Pas-de-Calais, c’est donc possible !

Au nom des élu(e)s du groupe communiste, Parti de gauche, et unitaire et de ses collaborateurs, je souhaite vivement remercier les services et les agents de la région pour leur contribution quotidienne à notre réussite collective.

 

Des propositions pour la filière industrielle ferroviaire

Le 23 juin 2011, lors de la séance plénière du Conseil régional, je suis intervenu au nom du groupe des élus Communistes, Parti de gauche et unitaires pour défendre la filière industrielle ferroviaire régionale.

Locomotive Alstom

Le groupe Communiste, Parti de Gauche et Unitaires s’alarme vivement du destin de la filière ferroviaire de notre région. Cette région possède un savoir-faire incontestable dans la construction de matériel ferroviaire à destination du transport des voyageurs et des marchandises et nous comptons sur notre territoire plusieurs géants du secteur tels que Bombardier et Alstom, mais aussi des centaines de PME fragilisées actuellement et qui rassemblent jusqu’à 10 000 emplois dans notre région. Cette filière souffre essentiellement d’un manque de structuration et de perspective.

Il nous semble que la puissance publique doit se pencher sur l’avenir de cette filière pour deux raisons au moins : tout d’abord parce que c’est un fleuron industriel de notre région, tant en termes de compétences accumulées que d’emplois, et, ensuite, alors que la transition écologique du système économique est à l’ordre du jour et que le secteur ferroviaire y tient une place essentielle, il serait incompréhensible de laisser s’éteindre un savoir-faire régional en phase avec les besoins de long terme des citoyens et de la société.

Je vais citer quelques propositions parmi les 25 qui ont été formulées dans le rapport de la commission d’enquête présidée par le député Alain BOCQUET sur le secteur qui liste trois types de mesures différents :

  • Premièrement, que la région Nord – Pas de Calais, en tant qu’acquéreuse de matériel roulant, conditionne ses achats de matériel suivant des critères écologiques et sociaux par rapport à leur production, y compris jusqu’à la sous-traitance. Elle a, en particulier, le moyen d’obliger la SNCF à définir une politique d’investissement à long terme, afin d’assurer la sauvegarde de ce secteur industriel. Je rappelle qu’actuellement, les commandes en cours ne dépassent pas l’échéance de 2015, ce qui est beaucoup trop court pour que ces entreprises puissent s’assurer un avenir viable ;
  • deuxièmement, que les pouvoirs publics décident une politique volontariste en matière d’équipement pour le fret, dont les entreprises productrices locales sont, elles aussi, en grand danger d’extinction ;
  • troisièmement, que les pouvoirs publics organisent enfin un pôle ferroviaire régional qui, à mon avis, doit faire consensus ici et qu’enfin, une initiative européenne soit prise d’urgence en la matière, afin d’éviter la concurrence intra-européenne entre entreprises et salariés des différents pays européens. Il nous faut donc une structuration d’urgence au niveau européen.

Alors, bien sûr, toutes ces demandes ne sont pas du ressort exclusif du Conseil régional, mais il nous semble que lorsque les compétences de la région ne sont pas mobilisables, notre institution a néanmoins le droit et le devoir d’interpeller l’État et ses services pour une politique industrielle en la matière, volontariste et coopérative au plan européen.