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Mes vœux pour 2016

Ami-e-s et camarades,

Après une année 2015 marquée par tant de drames, de souffrances et de déceptions, des voeux prudents s'imposent à nous.

Comme il est d'usage, je souhaite à tous la santé et cette somme de petits bonheurs personnels qui vaut que la vie soit vécue.

Sur un plan collectif, l'heure est plus que jamais à la Résistance : à la fois face à ceux qui nous veulent aveuglément du mal, et à ceux qui veulent utiliser cette situation pour leur poker politique. Résistance aux grands projets intenables et productivistes, résistance à la privatisation des Communs, résistance aux Traités qui nous privent de toute souveraineté.

Pour cela, souhaitons-nous pour 2016 une nouvelle République sociale, écologique et laïque !

 

Pour la réhabilitation des fusillés « pour l’exemple »

Le 11 novembre est chaque année pour moi l'occasion de rappeler que nous n'en avons pas fini avec la Grande guerre. Ce conflit a profondément marqué le nord de la France, ce qui sera la future région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. J'étais cette fois encore à Escaudain pour assister à la cérémonie organisée par la Libre pensée du Nord.

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La municipalité d'Escaudain a la particularité d'avoir édifié au sortir de la Grande guerre un monument aux morts pacifiste, une rareté dans la région. En présence du maire Brunot Saligot et d'une partie de son équipe municipale, avec la participation de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), de l'Association républicaine des anciens combattants (ARAC) et de la Libre pensée, représentée par Daniel Dubois, nous avons demandé cette fois encore la réhabilitation des fusillés "pour l'exemple", 650 soldats français morts sous les balles françaises au motif qu'ils ont refusé de marcher à une mort certaine.

Marc Maille, camarade de la Libre Pensée, lut un extrait des Carnets du tonnelier Louis Barthas relatant le moment de la démobilisation en 1919, un passage plein de fureur à l'endroit des monuments aux morts que l'ancien combattant qualifiait d'hypocrites.

Malgré les promesses de François Hollande, rien n'a été fait pour la réhabilitation des fusillés "pour l'exemple", là non plus pourrait-on ajouter. Quant à nous, nous continuerons de réclamer cette mesure de justice envers des hommes et leurs familles injustement jetés dans l'opprobre. A l'heure où des irresponsables veulent mettre les peuples toujours plus en concurrence, au moment où la xénophobie progresse, nous devons défendre un projet de société fraternel et pacifique.

Dans le cadre des élections régionales à venir, le Rassemblement mené par Sandrine Rousseau a publié une tribune rappelant combien la mémoire de ces événements est indispensable pour en tirer des leçons bien actuelles.

"Ignorer ce qui s'est passé avant notre naissance, c'est rester enfant à jamais. Qu'est-ce que la vie humaine si le souvenir des faits anciens ne relie le présent au passé ?"[i]

 


[i] Cicéron, L’orateur, XXXIV 120, traduction Nicolas Waquet.

 

 

 

 

 

 

 

A notre Delap’

 

En campagne en 2005

 

Nous le savions souffrant depuis août 2014, nous savions aussi que sa tumeur cérébrale était incurable, mais rien ne pouvait nous préparer à la disparition de François Delapierre ce 20 juin 2015.

Compagnon en militantisme depuis 2003, c’est-à-dire depuis que j’ai rencontré Jean-Luc Mélenchon et son équipe rapprochée, j’ai toujours connu Delap’ aux manettes, organisateur et théoricien à la fois, ouvrant par exemple les conseils nationaux de Pour la République sociale puis ceux du Parti de Gauche par des analyses qui éclairaient et mettaient en ordre nos pensées.

De beaux hommages ont déjà été rendus par Alexis Corbières et bien sûr par Jean-Luc Mélenchon en personne, à François qui fut un organisateur né.

Mes meilleurs souvenirs de François datent de ma vraie entrée en militantisme, l’époque de la création de PRS et du référendum de 2005 (d'où la photo humoristique ci-dessus qui avait fait le tour de PRS en mai 2005). Époque héroïque où Delap’ sillonnait la France, souvent avec sa compagne Charlotte, pour délivrer des formations militantes, avec un souvenir particulier lorsqu’un hôtel lillois nous ayant fait faux-bond, le couple dut camper dans mon salon dans l’improvisation totale.

François c’était aussi ce sourire toujours accroché au visage, apparemment insensible au stress et à la fatigue, avec le sens du trait qui fait mouche. Combien de formules, slogans, dont nous nous servons encore a-t-il contribué à forger ? Il avait aussi l'effronterie de ceux qui ont très souvent raison. Je le disais, François nous mettait les idées en ordre. Seuls ceux qui ne militent pas peuvent penser qu’un parti avance sans réaction aux événements qui l’entourent. Il faut sans cesse les interpréter, éprouver nos idées, adapter nos actes, essayer de saisir le moment pour agir. Delap’ était un éclaireur pour nous tous.

François s'était confronté récemment à un problème récurent pour la gauche, celui de la sécurité publique, et écrit un ouvrage personnel et déterminé sur le sujet Délinquance : les coupables sont à l'Intérieur, paru chez notre ami Bruno Leprince en 2013. Cela fut la dernière occasion de voir François dans le Nord, à Orchies, où une formation militante avait été organisée par le comité du Douaisis en octobre de la même année à la grande satisfaction des dizaines de camarades qui y ont participé. C'était hier, cela semble une éternité.

Comment ne pas être frappé par la brièveté de cette trajectoire, au moment où le PG se cherche et où l’assurance et la pédagogie de François nous auraient été si profitables…Essayons d'être de dignes continuateurs de tous ces engagements.

Derrière le militant, il y avait l’homme qui a fondé une famille au même moment que le PG. Aujourd’hui, mes pensées vont à Charlotte et à leur deux enfants si tôt privés de leur père.