Archives pour la catégorie Non classé

Pour la réhabilitation des fusillés « pour l’exemple »

Le 11 novembre est chaque année pour moi l'occasion de rappeler que nous n'en avons pas fini avec la Grande guerre. Ce conflit a profondément marqué le nord de la France, ce qui sera la future région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. J'étais cette fois encore à Escaudain pour assister à la cérémonie organisée par la Libre pensée du Nord.

IMG_20151111_111034

La municipalité d'Escaudain a la particularité d'avoir édifié au sortir de la Grande guerre un monument aux morts pacifiste, une rareté dans la région. En présence du maire Brunot Saligot et d'une partie de son équipe municipale, avec la participation de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), de l'Association républicaine des anciens combattants (ARAC) et de la Libre pensée, représentée par Daniel Dubois, nous avons demandé cette fois encore la réhabilitation des fusillés "pour l'exemple", 650 soldats français morts sous les balles françaises au motif qu'ils ont refusé de marcher à une mort certaine.

Marc Maille, camarade de la Libre Pensée, lut un extrait des Carnets du tonnelier Louis Barthas relatant le moment de la démobilisation en 1919, un passage plein de fureur à l'endroit des monuments aux morts que l'ancien combattant qualifiait d'hypocrites.

Malgré les promesses de François Hollande, rien n'a été fait pour la réhabilitation des fusillés "pour l'exemple", là non plus pourrait-on ajouter. Quant à nous, nous continuerons de réclamer cette mesure de justice envers des hommes et leurs familles injustement jetés dans l'opprobre. A l'heure où des irresponsables veulent mettre les peuples toujours plus en concurrence, au moment où la xénophobie progresse, nous devons défendre un projet de société fraternel et pacifique.

Dans le cadre des élections régionales à venir, le Rassemblement mené par Sandrine Rousseau a publié une tribune rappelant combien la mémoire de ces événements est indispensable pour en tirer des leçons bien actuelles.

"Ignorer ce qui s'est passé avant notre naissance, c'est rester enfant à jamais. Qu'est-ce que la vie humaine si le souvenir des faits anciens ne relie le présent au passé ?"[i]

 


[i] Cicéron, L’orateur, XXXIV 120, traduction Nicolas Waquet.