Archives de catégorie : Au Conseil Régional

Un nouveau membre pour « La Gauche sociale et écologiste »

"La Gauche sociale et écologiste" accueille depuis hier un nouveau membre en la personne de Michel Hecquet, élu régional du Pas-de-Calais.

Michel Hecquet a quitté depuis peu le groupe EELV puis est entré en contact avec nous. Il est adhérent de Nouvelle Donne et se reconnaît dans le cadre d'idées de notre groupe. Militant écologiste depuis les années quatre-vingts, opposant déterminé au nucléaire et à l'exploitation des gaz de couche, Michel Hecquet est aussi un bon connaisseur du budget régional et partisan résolu du partage du temps de travail. Son arrivée ancre encore un peu plus notre groupe dans la défense de l'écologie au plan régional.

Son apport nous sera précieux pour enrichir nos capacités d'analyse durant cette dernière année de mandat… avant le saut dans l'inconnu de la fusion avec la Picardie.

Sauver Arc International et Arjowiggins-Wizernes

Le 13 novembre en séance plénière, j'ai apporté le soutien du groupe "La Gauche sociale et écologiste" à la motion déposée par le groupe "Front de gauche, communiste et unitaire" qui visait à défendre l'idée d'une prise de participation par la Banque publique d'investissement (BPI) dans deux entreprises de l'Audomarois en difficultés.

Monsieur le Président, chers collègues,

Nous sommes saisis de la situation dramatique de deux entreprises de l’Audomarois confrontées à des difficultés sectorielles.
Arc International, à Arques, fait face à des marchés européens stagnants, alors que les autres sites mondiaux du groupe sont en croissance sur des marchés porteurs. C’est donc l’organisation interne de l’entreprise, à savoir le lien entre le lieu de production et les lieux de vente, qui est en cause. L’arrondissement de Saint-Omer est en situation de quasi monoindustrie autour de la verrerie cristallerie, d’où l’inquiétude légitime autour du devenir de cette entreprise.

Quant au groupe Arjowiggins, il souffre dans son ensemble de la crise du secteur papetier – je signale qu’un autre site, isérois, est aussi en difficulté dans le même groupe –, notamment liée à l’éloignement des sources de matières premières, à savoir le bois, crise aggravée par la décroissance de la consommation de papier et la concurrence intraeuropéenne. Son site de Wizernes tombe en plein dans ces problèmes.
La situation de ces deux entreprises révèle des difficultés de pilotage de leurs propriétaires respectifs qui, pour l’instant, semblent assumer leurs responsabilités sociales. Elle révèle aussi l’absence de stratégie industrielle de l’État et de l’Europe.
En parallèle, l’absence de moyens financiers dévolus aux collectivités territoriales nous réduit quasiment à l’impuissance publique. On est donc réduit à une stratégie un peu de cas par cas, dans l’attente de chevaliers blancs.

Justement, nous faisons face à l’arrivée de groupes financiers privés qui s’intéressent à ces entreprises, avec tous les risques que nous craignons derrière, c’est-à-dire une exigence de rentabilité élevée, un coût du capital phénoménal, le renoncement aux projets de développement et plutôt des stratégies de découpage en morceaux de ces groupes, d’où une grosse inquiétude de la part des territoires et des salariés.

Dans ce contexte, la motion en appelle à la participation de la Banque publique d’investissements (BPI), dont le potentiel d’intervention, nous le savons, est fort limité. Il faut rappeler que cet établissement financier est le résultat du mariage d’Oséo, de la CDC Entreprises, du fonds stratégique d’investissement. La BPI n’est donc pas dotée d’argent neuf, mais restructure des organisations déjà existantes, déjà à la manoeuvre sur le champ économique, elle ne crée pas de nouveaux moyens dans l’absolu.
Avec toutes ces limites, nous sommes d’accord avec le ton et avec les aspirations de cette motion, en espérant que la BPI ne considère pas Arc International et le site d’Arjowiggins de Wizernes comme des "canards boiteux", comme le disait avec délicatesse son ancien président, un certain Jean-Pierre JOUYET, à propos de l’usine ArcelorMittal de Florange.
Oui, il est temps de mobiliser nos outils financiers, de les renforcer pour soutenir les projets industriels dont dépendent nos territoires, car il faut bien constater que le secteur bancaire classique fuit le risque !

Bienvenue aux réserves nationales du musée du Louvre

Avec quelque retard, je mets en ligne ma contribution au débat portant sur l'implantation des réserves nationales du musée du Louvre dans l'agglomération lensoise. Début juillet, nous avons eu à décider de financer ou pas un équipement qui relève des compétences d'Etat. M. Hervé Barbaret, adjoint à l'administrateur général du musée du Louvre, est venu nous présenter de manière fort convaincante le projet qui vient appuyer l'élan créé par le Louvre-Lens.

Monsieur le Président, mes chers collègues, nous savons maintenant quel succès représente l’implantation du Louvre à Lens et dans son arrondissement ; au nombre de visiteurs plus important que prévu, 900 000 pour la première année de fonctionnement, nous voyons s’ajouter une nouvelle dimension au projet avec le pôle de conservation des oeuvres.
Le Conseil régional est particulièrement impliqué dans la réussite de ce projet de développement à la fois culturel et économique. Il est donc logique de chercher à prolonger ce premier engouement en surfant sur la vague Louvre-Lens, en accueillant un ensemble d’activités économiques et de prestige comme celui dont nous débattons aujourd’hui.
La question ne date pas d’hier, cela a été redit par Monsieur BARBARET, les réserves parisiennes du Louvre sont à l’étroit et surtout sont en danger. Nous avons l’opportunité d’accueillir le pôle de conservation des oeuvres du plus grand musée du monde à proximité de son implantation lensoise. Cette occasion unique, nous ne devons pas la manquer. Même si toutes les oeuvres en réserve n’ont pas vocation à être exposées, elles constituent un fonds d’une richesse sans équivalent à proximité de l’implantation lensoise de nature à développer encore l’attrait du site. Ce fonds constitue une base unique au monde pour la recherche en histoire de l’art.
L’exposé de Monsieur BARBARET nous a considérablement éclairés sur les potentialités et la dynamique qui pouvait être impulsée autour de cette implantation lensoise, notamment ce qu’il a dit sur le pôle numérique, sur l’innovation muséale que l’on pouvait attendre de l’implantation de ces réserves, de l’arrivée des métiers d’art.
J’élargirai même la réflexion en disant que c’est une pièce dans un dispositif beaucoup plus large d’animation économique de l’arrondissement de Lens, que nous devrons accompagner durant les années qui viennent par la formation des personnels, des futurs salariés, et qui justifie aussi notre détermination, notre pugnacité à défendre la desserte ferroviaire TGV de Lens et de son arrondissement. Contrairement à ce qui a été entendu sur certains bancs qui doutent de la pérennité et de la qualité des emplois qui
peuvent être développés dans le secteur, on peut imaginer tout au contraire que ces chercheurs, ces nouveaux emplois, il faudra les accompagner, les loger, les nourrir et créer une desserte rapide, efficace avec Paris, Bruxelles, Londres et avec l’Europe rhénane. Voilà pour l’intérêt scientifique et culturel du projet.
Parlons maintenant d’argent. Je vois avec intérêt que dans plusieurs groupes nous avons les mêmes problématiques. On peut déplorer une fois encore que l’État, via l’établissement public du Louvre, nous laisse la charge de 30 millions d’euros sur les 60 millions du coût de construction. Autrement dit, il nous demande de prendre en charge 50 % d’un investissement qui est à 100 % initialement de son ressort tout en continuant de pressurer nosressources. Vous nous avez rassurés sur le fait que le fonctionnement
de cet établissement ne serait pas à la charge du Conseil régional et cela paraît logique vu le mode de fonctionnement administratif des réserves.

Au final nous soutenons cette délibération eu égard au succès déjà rencontré par le musée du Louvre au coeur du bassin minier dont le rayonnement ne doit pas s’arrêter là. Mais, comme nos collègues, nous attirons l’attention sur deux points de vigilance. D’une part nous souhaitons que l’engagement régional de 30 millions d’euros soit bien un plafond, un maximum car, nous le disons d’emblée, nous ne soutiendrons pas un dépassement à la charge du Conseil régional. Il serait inconcevable d’être sollicité davantage en cas de dépassement du devis initial ce qui ne serait pas une première.
D’autre part, cela a déjà été dit, la délibération fait référence à l’appel aux fonds FEDER pour mener à bien l’investissement et nous demandons que la part FEDER vienne en déduction exclusive de la participation du Conseil régional. C’était implicite mais encore faut-il l’acter.
Répétons-le, la mission patrimoniale et de conservation est une prérogative d’État. Notre engagement doit être plafonné et exceptionnel pour ne pas créer de fâcheux  précédents. Mais il nous apparaît clairement que le projet est d’intérêt régional et pour un très long terme et pour cette raison nous le soutenons.